Application événementielle en marque blanche : le guide
Une application événementielle en marque blanche est une application mobile construite sur une plateforme existante, mais publiée aux couleurs et sous le nom de votre événement : le participant voit votre festival, votre salon ou votre congrès, pas l'éditeur du logiciel. Avant de signer, trois sujets comptent plus que la liste des fonctionnalités : sous quel compte développeur l'application sera publiée sur Google Play et l'App Store, à qui appartiennent les données des participants, et combien de temps il faut prévoir avant le jour J. Ce guide les reprend un par un, règles des stores et de la CNIL à l'appui.
L'essentiel en quatre points
- L'application peut être publiée sous le compte développeur de l'organisateur ou sous celui de l'éditeur : c'est ce choix qui détermine qui apparaît comme vendeur et qui contrôle la fiche.
- Un compte Google Play Console coûte 25 USD une fois ; l'Apple Developer Program, 99 USD par an. Une organisation doit fournir un numéro D-U-N-S.
- En règle générale, l'organisateur est responsable de traitement et le prestataire sous-traitant, avec un contrat conforme à l'article 28 du RGPD.
- Les délais dépendent surtout des comptes à ouvrir, des contenus à réunir et de la revue des stores : mieux vaut démarrer tôt que compter sur une validation express.
Qu'est-ce qu'une application en marque blanche ?
« Marque blanche » désigne un produit conçu par un éditeur et revendu sous la marque de son client. Pour une application événementielle, cela signifie qu'une même base logicielle (programme, fiches, plan, notifications) est habillée pour chaque événement : logo, couleurs, polices, écran de démarrage, nom de l'application sur les stores, et parfois vocabulaire propre (artiste, speaker ou intervenant ; scène, salle ou lieu).
C'est une voie intermédiaire entre deux extrêmes. Une application développée sur mesure offre une liberté totale, mais elle se paie en temps de développement et en maintenance d'une édition à l'autre. Une application « agrégateur », où chaque événement n'est qu'une fiche parmi d'autres dans l'application de l'éditeur, est rapide à mettre en place mais ne porte pas votre marque. La marque blanche donne une application à votre nom, en s'appuyant sur un socle déjà éprouvé.
Sous quel compte développeur l'application est-elle publiée ?
Toute application distribuée sur Google Play ou l'App Store est rattachée à un compte développeur. Sur l'App Store, Apple précise que le nom de l'organisation titulaire du compte est affiché comme nom du vendeur de ses applications. Deux montages existent :
| Compte de l'organisateur | Compte de l'éditeur | |
|---|---|---|
| Vendeur affiché | Votre association ou votre société | L'éditeur du logiciel |
| Démarches | Ouvrir et payer les comptes, obtenir un D-U-N-S, donner un accès au prestataire | Aucune de votre côté : l'éditeur publie |
| Contrôle de la fiche | Vous gardez la main, y compris si vous changez de prestataire | Dépend du contrat ; un transfert de compte à compte est possible |
| Déclarations aux stores | Faites sous votre responsabilité, avec l'aide du prestataire | Faites par l'éditeur, sur la base de vos informations |
Le premier montage vous rend autonome mais vous charge des formalités. Le second est plus simple à démarrer : c'est par exemple ainsi qu'a été publiée sur Google Play l'application du festival Belles Étoiles à Pacé (Ille-et-Vilaine), sous le compte développeur « EventMigo » et sous le nom du festival. Dans ce cas, prévoyez au contrat ce que devient la fiche à la fin de la collaboration. Les deux stores permettent de transférer une application d'un compte à un autre en conservant ses notes et ses avis, à condition que le compte destinataire soit ouvert et actif.
Les règles d'Apple pèsent aussi dans ce choix. La directive 4.2.6 de l'App Review prévoit que les applications issues d'un modèle commercialisé sont refusées, sauf si elles sont soumises directement par le fournisseur du contenu de l'application (en pratique, l'organisateur) ; l'alternative admise est une application unique regroupant plusieurs événements, sur le modèle d'un sélecteur. Google, de son côté, classe parmi les contenus répétitifs le fait de « créer plusieurs applications offrant un contenu et une expérience utilisateur très similaires ». Demandez donc au prestataire comment il publie sur chaque store, et pas seulement sur l'un des deux.
Que demandent Google Play et l'App Store ?
- Google Play Console : un versement unique de 25 USD. Un compte d'organisation exige un numéro D-U-N-S (« sans ce numéro, vous ne pourrez pas créer de compte de développeur pour une organisation »), un site web, un téléphone et un contact. Les comptes personnels créés après le 13 novembre 2023 doivent, avant la mise en production, mener un test fermé avec au moins 12 testeurs pendant 14 jours consécutifs.
- Apple Developer Program : 99 USD par année d'adhésion, facturés en devise locale. L'organisation doit être une entité juridique capable de contracter (les noms commerciaux ne sont pas acceptés), disposer d'un D-U-N-S, d'un site public fonctionnel et d'une adresse e-mail à son nom de domaine. La personne qui inscrit l'organisation doit pouvoir l'engager juridiquement. Les organisations à but non lucratif peuvent, sous conditions, demander une exonération des frais.
- Confidentialité : les deux stores exigent un lien vers une politique de confidentialité. Google impose en outre de remplir la section « Sécurité des données » et rappelle que le développeur est seul responsable de l'exactitude de ses déclarations.
- Revue : chaque version est examinée avant publication. Apple indique traiter au moins 50 % des soumissions en moins de 24 h et 90 % en moins de 48 h, une soumission incomplète pouvant être retardée.
Le numéro D-U-N-S est gratuit, mais Google signale que son obtention « peut prendre jusqu'à 30 jours » : c'est souvent l'étape qui conditionne tout le calendrier quand l'application est publiée sous le compte de l'organisateur.
À qui appartiennent les données des participants ?
Au sens du RGPD, la question n'est pas tant la propriété que la responsabilité. Le responsable de traitement est la personne « qui détermine les finalités et les moyens d'un traitement » ; le sous-traitant traite des données « pour le compte d'un autre organisme […] dans le cadre d'un service ou d'une prestation » (définitions de la CNIL). Lorsque l'organisateur décide de ce qui est collecté (favoris, avis, statistiques d'usage) et pourquoi, il est en principe responsable de traitement, et l'éditeur de l'application son sous-traitant.
L'article 28 du RGPD impose alors un contrat écrit qui fixe l'objet, la durée, la nature et la finalité du traitement, les catégories de données et de personnes concernées. Le sous-traitant n'agit que sur instruction documentée, garantit la sécurité des données, n'engage pas d'autre sous-traitant sans autorisation et, au terme de la prestation, supprime ou restitue les données selon le choix du responsable. Vérifiez aussi le lieu d'hébergement, le cloisonnement entre clients et l'existence d'une journalisation des accès. Ce qualificatif s'apprécie au cas par cas : en cas de doute, le guide du sous-traitant de la CNIL est le bon point de départ.
Quelles fonctionnalités sont vraiment utiles pendant un événement ?
Le jour J, les participants ouvrent l'application pour quelques gestes simples. Les fonctions qui servent le plus sont les suivantes :
- Un programme consultable et filtrable par jour, scène ou salle, avec recherche et fiches détaillées (biographie, liens d'écoute, intervenants).
- Des favoris pour composer son parcours, avec ajout au calendrier du téléphone et rappel avant le début d'une session.
- Un plan du site situant scènes, stands et services.
- Des infos pratiques faciles à mettre à jour : accès, accessibilité PMR, restauration, camping, sécurité.
- Des notifications push pour un changement d'horaire ou une consigne de sécurité.
- Un fonctionnement hors ligne : sur un site saturé ou en plein champ, le réseau mobile est souvent le premier à lâcher.
- Un espace partenaires et des statistiques de consultation, qui servent ensuite au bilan avec les sponsors.
La billetterie et le paiement cashless relèvent en général de prestataires spécialisés : vérifiez que l'application sait y renvoyer proprement plutôt que d'exiger qu'elle fasse tout.
Quelles questions poser avant de choisir un prestataire ?
- Sous quel compte développeur l'application sera-t-elle publiée, sur chaque store ?
- Que devient la fiche de l'application si nous arrêtons la collaboration ? Un transfert est-il prévu au contrat ?
- Qui saisit et met à jour les contenus : nos équipes, le prestataire, ou les deux ?
- Pouvons-nous prévisualiser l'application avant publication ?
- L'application fonctionne-t-elle sans réseau une fois téléchargée ?
- Où sont hébergées les données, et un contrat de sous-traitance (article 28) est-il fourni ?
- Peut-on réutiliser l'application d'une édition à l'autre, ou pour plusieurs événements ?
- Quelles fonctions sont incluses, lesquelles passent par des outils tiers, et qu'est-ce qui fait varier le devis ?
Combien de temps prévoir avant le jour J ?
Il n'existe pas de délai type : tout dépend du montage choisi et de l'état de vos contenus. Trois postes pèsent le plus. Les comptes, d'abord, si l'application est publiée à votre nom : D-U-N-S, vérification d'identité, inscription Apple. Les contenus, ensuite : logo et charte, textes, programme, visuels et plan, souvent finalisés tard pour un festival. La revue des stores, enfin, qui peut demander une seconde soumission. La prudence commande de publier une première version bien avant l'ouverture des portes, puis de compléter le programme au fil des annonces, plutôt que de viser une mise en ligne la veille.
Et EventMigo ?
EventMigo est une application événementielle en marque blanche, disponible sur iOS, Android et le Web, pour les festivals, conférences, séminaires, salons et événements d'entreprise. Couleurs, logo, écran de démarrage et terminologie se règlent par événement depuis un backoffice, avec un aperçu web avant publication. L'application couvre le programme, les favoris, le plan du site, les infos pratiques, les notifications et le mode hors ligne ; la billetterie et le cashless passent par vos prestataires. L'offre est établie sur devis : pour en parler, contactez-nous.
En résumé
- Une application en marque blanche porte le nom et l'identité de votre événement, sur un socle logiciel existant.
- Le choix du compte développeur (organisateur ou éditeur) détermine le vendeur affiché et le contrôle de la fiche ; un transfert reste possible sur les deux stores.
- Google Play : 25 USD une fois. Apple : 99 USD par an. D-U-N-S obligatoire pour une organisation.
- L'organisateur est en principe responsable de traitement, le prestataire sous-traitant, avec un contrat article 28.
- Démarrez tôt : les comptes, les contenus et la revue des stores fixent le calendrier.
Sources
- Google Play Console — S'inscrire à un compte de développeur — frais de 25 USD, comptes personnels et d'organisation.
- Google Play Console — Informations requises pour un compte d'organisation — numéro D-U-N-S, délai d'obtention.
- Google Play Console — Exigences de test pour les comptes personnels — 12 testeurs pendant 14 jours.
- Google Play Console — Section Sécurité des données — formulaire et règles de confidentialité.
- Règlement Google Play — Spam — contenus répétitifs.
- Google Play Console — Transférer des applications.
- Apple — Inscription à l'Apple Developer Program — 99 USD par an, conditions pour les organisations, D-U-N-S.
- Apple — App Review Guidelines — directives 4.2.6 (modèles), 4.3 (spam), 5.1.1 (politique de confidentialité).
- Apple — App Review — délais de revue.
- Apple — Transfert d'une application.
- CNIL — Responsable de traitement et sous-traitant (définitions).
- RGPD, chapitre IV — article 28 — obligations du sous-traitant et contenu du contrat.
- CNIL — Guide du sous-traitant.